Envoyer et amener la trinquette

 Trinquette : nom donné au foc le plus proche du mât lorsqu’il y a plusieurs focs[i].

 

C’est une petite voile, mais il ne faut pas sous-estimer son importance : « Commencer le réglage des voiles par la grand-voile n’est pas une bonne idée, car on manque de points de repère. Il vaut mieux commencer par la trinquette, voile cruciale sur un cotre. Dans une bonne brise moyenne, avec un cap normal au plus près de 50° à 55° du vent réel, il faut border l’écoute de la trinquette autant que possible, sans aller cependant jusqu’à la « tuer ». On peut alors choquer l’écoute de la grand-voile à la demande jusqu’à ce que la trinquette commence à déventer le guindant de la grand-voile. Il faut ensuite reprendre un poil d’écoute, juste ce qu’il faut pour stopper le faseyement. Si, comme il est probable, le bateau reste planté, comme « mort », c’est sans doute que le foc est trop bordé. Arrive maintenant le moment magique. On mollit progressivement l’écoute de foc, centimètre par centimètre, jusqu’à ce qu’il cesse complètement de renvoyer dans la trinquette. On est souvent surpris par la longueur d’écoute à filer, mais il est facile de constater à quel point le bateau accélère au fur et à mesure qu’on donne du mou ».[ii]

 

Sur le Marche-Avec, la trinquette est récente. De couleur cachou, très solide, elle a été taillée par le voilier Le Bihan dans une toile nylon de fort grammage en 2014. Elle est stockée dans un sac de tissu vert clair.

 

   1/ Envoyer la trinquette

 

Deux équipiers suffisent en plus du barreur. Un qui endraille (= fixation des mousquetons) la trinquette sur l’étai (équipier A), l’autre (équipier B) qui s’occupe de la drisse et de la mise en place des écoutes. Le plus souvent, la trinquette est envoyée après que la grand-voile et le foc aient été établis.

 

Procédure à suivre

  • La trinquette est sortie de son sac, ainsi que ses écoutes qui restent toujours frappées au point d’écoute de la trinquette et dont les quatre extrémités sont nouées deux par deux.

  • Les écoutes sont délovées et leurs extrémités dénouées.

  • L’équipier A fixe le mousqueton du point d’amure de la trinquette sur la manille frappée sur le nez de l’étrave (au pied de l’étai). Puis il endraille la trinquette sur l’étai, du bas vers le haut.

  • Pendant ce temps l’équipier B frappe chacune des extrémités des deux écoutes sur les anneaux vissés à bâbord et à tribord sur les flancs du roof, à l’aide d’un nœud de chaise. Pour gagner du temps, l’équipier B commence par l’écoute sous le vent, ce qui permettra de hisser la trinquette avant même que l’écoute au vent soit en place.

  • L’équipier B détache les deux extrémités de la drisse de trinquette qui étaient tournées au mât. Il passe à l’équipier A  l’extrémité de la drisse à fixer sur le point de drisse de la trinquette (2 tours morts et 2 demi-clés) et conserve l’autre extrémité en main, prêt à hisser au signal du chef de bord

  • L’équipier B hisse la trinquette, l’étarque avec l’aide de l’équipier A et tourne la drisse sur le taquet au  mât.

  • A et B bordent ensuite la trinquette avec l’écoute sous le vent et mettent en place l’écoute au vent.

 

 

   2/ Amener la trinquette

A suivre...

 

[i] Guide des termes de marine – Editions Le Chasse-Marée/ArMen

 

[ii] Tom Cunliffe, skipper de Hirta, cotre-pilote de Bristol de 50 pieds – Chasse-Marée numéro 36

Trinquette à poste

On remarquera sur la photo de gauche  de légers plis perpendiculaires à l'étai au niveau de chaque mousqueton : l'étarquage de la drisse est à reprendre. Sur celle ci-dessous la tension de drisse a été reprise.

Trinquette à poste

a gauche, le point d'amure est fixé sur une manille par un mousqueton ouvrant.

Trinquette à poste

ci-dessus le point d'écoute et à droite le placement de l'écoute sur le roof.

Ci-dessous, un noeud de chaise pour la fixation de l'écoute sur l'anneau de roof.